Ce qu’il y a à savoir sur le vaudou haïtien

Dès que l’on parle de Vaudou, la culture haïtienne nous vient rapidement à l’esprit. Mais savons-nous réellement ce qu’est le Vaudou ? Un tour d’horizon sur ses origines est donc indispensable pour mieux comprendre cette culture fascinante.

Brève histoire de l’Haïti

La République d'Haïti est un pays occupant la partie Ouest de l’île d’Hispaniola. Cette île des caraïbes fut nommée ainsi par Christophe Colomb suite à sa découverte en 1492. Haïti a joué un grand rôle dans l’établissement des Européens en Amérique à la fin du XVème siècle durant le XVIème siècle. Haïti devient la Saint-Domingue : une colonie française, en 1697 après qu’elle fut cédée à la France par les Espagnols suite au traité de Ryswick.

L’année 1722 est marquée par la révolte de nombreux esclaves en Haïti, qui fut facilement réprimé. Un second soulèvement se produit en 1791, qui aura comme résultat la prise du Cap-Français par le chef noir Mayaca en 1793. Un autre chef : Toussaint Louverture réussi quant à lui à prendre les principales places de la colonie française l’année suivante.

Les Français répliquèrent en 1802 en envoyant le général Leclerc à la tête d’une armée de 20 000 Français à Saint-Domingue. Ce qui aura comme résultat l’exil de Toussaint Louverture en France. L’année suivante, un mouvement mené par l’un des lieutenants de Toussaint : le général noir Dessalines, réussi à refouler les Français jusqu’au Cap.

Conduisant ainsi à la proclamation de l’indépendance haïtienne le 1er janvier 1804, donnant naissance à la République d’Haïti : la première république noire libre du monde.

Le vaudou : c’est quoi au juste ?

Le mot « vaudou » vient du mot « vaudoum », qui signifie en dialecte « Fon » : « esprits ». Le vaudou peut donc être associé au culte des esprits. Le vaudou est une religion issue des cultes animistes africains. Le berceau de sa création est le Royaume Fon de Dahomey de l’Ouest de l’Afrique, situé dans l’actuel Bénin, pays où il est toujours très répandu de nos jours.

Le vaudou s’est exporté aux caraïbes, notamment en Haïti à partir du XVIIème siècle grâce à la traite des esclaves dans les colonies françaises et espagnoles. Le nombre d’Africains déportés durant cette période sur l’île d’Hispaniola est estimé à d’un million. C’est d’ailleurs pour cette raison que la culture haïtienne est fortement liée à celle des pays du Golf du Bénin et de l’empire Kongo.

La religion et la culture vaudou a occupé une place particulièrement importante chez les esclaves déportés en Haïti. Sa pratique leur permettait notamment de conserver leur lien avec leur terre ancestrale, mais surtout de préserver leur santé mentale contre les brutalités et les conditions de vie difficiles dues à l’esclavage. La pratique du vaudou fut notamment interdite par les colons. Du XVIIème jusqu’à la fin du XVIIIème le vaudou se pratiquait donc clandestinement dans les colonies de l’île d’Hispaniola. La religion et la culture vaudou joua notamment un grand rôle dans les révolutions qui ont permis à Haïti d’obtenir son indépendance. Elle permit aux communautés d’esclaves africains déportés de trouver l’espoir et la force de retrouver leur liberté.

La diabolisation du vaudou est le fruit de cette période néfaste de l’histoire haïtienne. En effet, suite à la défaite des blancs en Haïti, ces derniers, par représailles, ont propagé l’idée que la culture et la religion vaudou n’est basée que sur des superstitions et intégrait des cultes maléfiques et cannibales.

Le vaudou : à quoi ça sert ?

Le vaudou est avant tout considéré dans le monde comme un Art de grande magie. Le monde occidental associe notamment le vaudou à la magie noire, malgré le fait que sa principale fonction est d’apporter à ses pratiquants une protection contre toutes les formes de sorcellerie. Le vaudou désigne également pour ses adeptes l’ensemble des dieux et des forces invisibles qui sont source de puissance et de bienveillance.

Les rituels vaudous, quel que soit leur forme sont de nature bienveillante. Ils peuvent être catégorisés en 3 catégories : la magie blanche, rouge et noire.

La magie blanche vaudou permet l’amélioration de la vie en générale. En apportant au pratiquant : chance, protection et richesse. La magie blanche vaudou est également utilisée pour le désenvoutement.

La magie rouge de la culture vaudou concerne le domaine des sentiments et de l’amour. Des rites de fidélités sont notamment pratiqués ainsi que des rites de séduction.

Enfin, le vaudou considéré comme de la magie noire touche tout ce qui est en rapport avec le mal. Ce type de rituel est utilisé par les pratiquants pour se venger de leurs ennemis en leur apportant la malchance, en causant une rupture, … Toutefois, la bienveillance est toujours présente même lorsqu’il s’agit de vengeance. En effet, les rituels de magie noire vaudou ne marchent que sur les personnes qui le méritent. Notamment dans le cas où elles sont malsaines, vicieuses, impures ou malveillantes.

L’importance des esprits dans la culture et la religion vaudou

Les esprits occupent une place importante dans la religion vaudou. Le panthéon de cette religion polythéiste est essentiellement composé de forces de la nature, tout comme dans le chamanisme. La culture vaudou comprend également des entités surnaturelles, comme les ancêtres considérés ou comme des divinités.

La divinité la plus importante de la religion vaudou est « Mawu ». Il est considéré comme étant le Dieu suprême qui règne sur les autres divinités du panthéon vaudou et bienveillant envers toutes créatures. Bien que Mawu est le dieu le plus important de la culture vaudou, il n’est jamais représenté, du fait qu’il est considéré comme n’ayant pas de forme. Il n’est donc représenté sur aucune peinture, ni associé à des objets, contrairement aux autres divinités vaudous. Mawe n’intervient également pas dans la vie des hommes. D’ailleurs, Mawu peut être traduit littéralement comme : « L’inaccessible ». C’est par l’intermédiaire des « Lwas » que se fait la relation entre Mawu, les hommes et le monde. Ces derniers peuvent être décrits comme étant des divinités inférieures ayant la faculté de communiquer, et même de collaborer avec les hommes.

Il est intéressant de savoir qu’aucun culte n’est consacré à Mawu dans la culture vaudou. En effet, les vaudouistes ne font que le remercier et le glorifier. La religion vaudou ayant intégré des éléments chrétiens sous la colonisation, les chrétiens Ewés et Fons utilisent le nom Mawu pour désigner le Dieu chrétien.

 

 

Papa Legba ou Legba

Papa Legba ou Legba est considéré comme le Lwa le plus important de la religion et de la culture vaudou. En effet, il est avant tout le dieu des croisements, ainsi que de la réflexion. Vient ensuite son rôle d’intermédiaire et de messager des dieux vaudous. Un autre rôle qui lui est attribué est d’être le gardien de la frontière entre le monde surnaturel et celui des hommes. Papa Legba est également le dieu vaudou qui préside le lavage des bains d'eau.

Connu sous le nom de « Elegua » à Cuba et de « Eshu » au Brésil, Papa Legba est comme un vieillard portant un chapeau de paille, tenant une canne et fumant une pipe. Dans le vaudou syncrétiste haïtien, Papa Legba est assimilé à Saint-Pierre.

Legba est souvent associé à Fâ, une autre divinité vaudou. Il forme avec cette dernière le couple porteur de la pédagogie de la culture vaudou. C’est d’ailleurs pour cela que ces deux Lwa sont considérés comme les deux piliers de la religion et de la culture vaudou.

Dans le vaudou, Fâ est la divinité représentant la connaissance et la science. Pour les vaudoistes : tout commence par le Fâ et tout finit par le Fâ. Le « Fâ » désigne également un art divinatoire vaudou. Pour les vaudouiste, Fâ est donc « l’oracle » de leur culture et de leur religion : ses messages étant considérés comme prophétiques et ayant une essence divine.

Les Marassa : les jumeaux divins

Marassa désigne : « les jumeaux divins » de la religion et de la culture vaudou. Ce sont les plus importants Lwas du vaudou après Papa Legba.

Les Marassa sont considérés comme étant les plus anciens Lwas. En effet, les esprits de ces enfants : « les jumeaux Marassa », symbolisent les forces élémentaires de l’univers.

Ces Lwas du fait de leur double puissance, sont considérés comme ayant un pouvoir supérieur à celui des autres Lwas. Les Marassa ont comme symbole la feuille de palmier. Leur différentes représentations sont le plus souvent inspiré des images de Saints Côme et Damien.

L’importance de ces Lwas fait que dans la culture vaudou, les jumeaux sont des élus possédant des pouvoirs surnaturels. Les enfants nés après des jumeaux occupent également une place importante dans le vaudou. Appelés « dossa » (s’il s’agit d’une fille) ou « dossu » (dans le cas d’un garçon), ces derniers sont considérés comme ayant puissance supérieure à celle de ses frères ou sœurs jumeaux. En effet, dans la culture vaudou, ces enfants représentent la combinaison du pouvoir des jumeaux qui les ont précédés.

Boussou : le taureau à trois cornes

Boussou est considéré comme étant « le gardien » dans la culture vaudou. Il est représenté comme étant un taureau à trois cornes. Dans la mythologie vaudou, Boussou : le taureau à trois cornes, est doté d’une force herculéenne qui le rend capable de soulever des montagnes et bien plus encore.

Il a comme principal rôle d’être un protecteur. En effet, il est invoqué pour défendre une personne contre tout danger ou bien apporter sa protection dans le domaine du commerce, de l’amour, des familles, de l’argent et bien d’autre encore.