La fête du Simb au Sénégal

Le Sénégal est un pays de l’Afrique de l’Ouest. Voisin de la Mauritanie (au Nord), du Mali (à l’Est), de la Guinée et de la Guinée-Bissau (au Sud).

Le Sénégal est bordé à l’Ouest par l’Atlantique. Avec la Gambie, le Sénégal forme un ensemble particulier.


En effet, la Gambie est enclavée à plus de 300 kilomètres à l’intérieur du territoire sénégalais. Comme la majorité des pays africains, le Sénégal est caractérisé par de nombreux rites faisant partie intégrante de sa culture, dont le Simb.

Brève histoire du Sénégal

Avant l’arrivée des colons européens le Sénégal était composé d’empires et de royaumes. Cette époque est marquée par de nombreuses conquêtes et migrations, qui ont abouti à la création de l’empire du Ghana au Vème siècle.


À son apogée, du VIIIème au XIème siècle, cet empire couvre alors une partie de l’Est du territoire sénégalais que l’on connaît actuellement.


L’empire du Ghana fut par la suite renversé au XIème siècle par les Almoravides lors du début de l’islamisation. C’est à cette époque que fut fondé l’empire Tekrur par les Toucouleurs, au Nord du Sénégal.


Au XIIIème siècle, l’empire du Mali occupe également le territoire du Sénégal. Les empires Jolof, Sine et Saloum furent aussi fondés dans le Nord du Sénégal au XVème siècle. L’année 1445 est marquée par l’arrivée des Portugais à l’embouchure du fleuve Sénégal.


Ainsi, vers 1500, l’exploitation de l’or et le trafic d’esclaves commença grâce à la création des comptoirs portugais.


C’est vers l’année 1580 que les Anglais commencent à fréquenter les côtes guinéennes. Le commerce d’esclaves vers les Amériques ainsi que la lutte des différentes puissances européennes pour le contrôle des comptoirs s’étalent du XVIIème au XIXème siècle.



Les marchands d’esclaves hollandais reprirent la colonie de Gorée en 1627, tandis que les Français créent un comptoir à Saint-Louis en 1638, pour ensuite reprendre l’île de Gorée des mains des Hollandais en 1677.


Il est à noter qu’en 1670, les marabouts lancent des jihads contre les Wolofs. Le Sénégal connut alors par la suite de nombreuses guerres saintes pendant près de deux siècles. En 1770, l’islam s’étend alors dans tout le Sénégal. Jusqu’au XVIIIème siècle, les colonies françaises de Saint-Louis et de Gorée se développent. Puis vint l’abolition de l’esclavage par les Britanniques en 1807, suivis des Français en 1848.



L’année 1850 est marquée par la création du grand empire islamique par Omar Tall : le leader de la confrérie Tijaniya au Maroc, qui s’étend alors à l’Est jusqu’à Tombouctou et à l’Ouest jusqu’au Sénégal.


Omar Tall fut battu par les Français en 1864. S’ensuit ensuite un conflit qui durera trente années : « La guerre des marabouts », qui n’est autre que le jihad poursuivi par les disciples d’Omar Tall après sa défaite. Durant cette période, les Wolofs convertis à l’islam mènent un combat pour contrer l’expansion française.


Par la suite, les puissances européennes se partagent le continent africain, durant la conférence de Berlin : du 15 novembre 1884 au 26 février 1885.


La majeure partie de l’Afrique de l’Ouest revient alors à la France Qui devient l’AOF (Afrique Occidentale Française), dont le Sénégal.

La Gambie, enclavée à l’intérieur du Sénégal demeurera toutefois une colonie britannique.

Jusqu’en 1945, le Sénégal est considéré par la France comme faisant partie intégrante de la métropole en non une simple colonie.


En effet, en 1914 Blaise Diagne fut le premier député noir à l'Assemblée nationale française et en 1933 Senghor devint le premier agrégé africain. Ce dernier crée alors le Bloc démocratique sénégalais en 1948.


Puis le 20 juin 1960, le Sénégal ainsi que le Mali obtiennent leur indépendance, mais demeurent toutefois au sein de l’Union française. Deux mois plus tard, avec la disparition de la fédération du Mali, l’AOF (Afrique Occidentale Française) se scinde en 9 républiques. Senghor devient alors le premier président du Sénégal, avec pour Premier ministre : Mamadou Dia.

La culture sénégalaise

Les langues officielles du Sénégal sont le wolof et le français. Le français est utilisé au Sénégal aussi bien par l’administration que dans le domaine de l’enseignement et des affaires, ainsi que dans les médias.


L’adoption de la langue française en tant que langue officielle témoigne de l’héritage colonial du Sénégal. Plus d’une vingtaine de langues nationales codifiées sont parlées au Sénégal.


Les plus utilisées sont le wolof, le peul, le sérère et le mandinka. Mais le wolof est la seule langue véhiculaire parmi ces dernières et est compris dans tout le Sénégal.

Le Sénégal étant un pays musulman (à plus de 90%), l’arabe est également parlé par les Sénégalais. Mais le christianisme est également présent au Sénégal.


Le Sénégal comprend de nombreux groupes ethniques. Les plus présentes, par ordre décroissant sont les Wolofs, les Peuls, les Toucouleurs, les Sérères et les Diolas. Ces principaux groupes ethniques se concentrent surtout dans le sud du Sénégal.


Les Malinkés du Sud-Est ainsi que les Soninkés peuplant la haute vallée du fleuve Sénégal sont également des groupes ethniques sénégalais importants.


Les principales fêtes et célébrations du Sénégal sont des fêtes ethniques.


On peut citer les différents rites d’initiation comme chez les Joola (en mai et en juin) et les Bassari (en avril et en mai).

Chez les Joola, le rite d’initiation est appelé « Futampaf »ou « Bukut ». Il s’agit d’une cérémonie marquant le passage du statut d’adolescent à celui d’adulte.


Chez les Bassari, ces cérémonies sont appelées « Okoré ». Un autre rite important chez les Bassari est le « A-Ngoun ». Il s’agit d’un rite destiné aux enfants malades et se fait donc dans un but thérapeutique.


Le « Fil » de Touba Toul est également une des fêtes les plus importantes du Sénégal. C’est une cérémonie rituelle de danse et de chant d’une durée de quatre jours (du samedi au mardi) qui a lieu en juin et en juillet dans la région de Thiès, notamment à Touba Toul. Le « Fil » de Touba Toul est également une cérémonie divinatoire ayant donc pour but de prédire les événements, mais aussi de conjurer le retard des pluies.


Mais l’une des fêtes traditionnelles les plus importantes de la culture sénégalaise est le Simb, aussi appelé « danse du faux lion ». En effet, le Simb est pratiqué dans toute les régions du Sénégal, et ce, à différentes périodes de l’année.

Le Simb : l’une des fêtes traditionnelles les plus importantes du Sénégal

L’origine du Simb est une légende qui raconte la rencontre d’un chasseur avec un lion à l’époque où le Sénégal était encore couvert de forêts peuplées d’animaux sauvages.


Le chasseur ayant été attaqué par un lion,put survivre. Choqué par ce qu’il venait de vivre, le chasseur perdit l’esprit et adopta un comportement étrange : il rugissait comme un lion et ne mangeait que de la viande crue.


L’on raconte même que des poils lui poussaient sur le corps. Il était devenu le lion. Pour le guérir, les guérisseurs ont dû procéder à des rituels de possession, comme ceux effectués en cas de possession par un esprit ancestral.


Le Simb ou « danse du faux lion » est un rite de possession. Il est organisé dans toutes les régions du Sénégal à certaines occasions comme lors de la fête de l’indépendance, l’arrivée des grandes vacances ou encore la fête de la jeunesse.


Il se présente sous la forme d’une animation de rue durant laquelle des hommes, généralement des artistes d’une troupe, se déguisent en faux lions;ils se maquillent notamment avec de la peinture rouge et noire et arborent des visages barrés de moustaches pour les rendre aussi terrifiants que le lion qu’ils imitent. Les hommes déguisés en lions se rendent à une place prévue où les attendent le public et les organisateurs, sous l’annonce de tam-tam.


Pendant leur arrivée, les hommes lions sont cachés des yeux du public par des pagnes et rugissent. Les faux lions arrivent également entourés de « leurs femmes », les femmes des faux lions sont généralement interprétées par leurs collègues de la troupe d’artistes déguisés en femmes.


les hommes qui jouent les femmes du faux lion sont appelés les « goot-jigeen ». Ce qui veut dire littéralement « hommes-femmes » en wolof.

Pour pouvoir assister à la danse du lion et de ses femmes, les membres du public doivent acheter un ticket. Une fois arrivés sur place, les hommes lions sont dévoilés.

Durant la première partie du Simb, « les lions » cherchent parmi le public les spectateurs qui n’ont pas pris la peine d’acheter un ticket. Ces derniers sont saisis par les lions dans le cadre d’un jeu pour être malmenés en public.

Ils seront notamment aspergés d’eau et moqués.

Durant la seconde partie du Simb, l’ensemble du public chante : « bravo les lions » en battant des mains.


Après avoir fait quelques pas de danse, les hommes lions se précipitent brusquement vers la foule qui s’enfuit, afin d’attraper un membre du public. S’ils attrapent des personnes, les lions leur demandent de danser. Dans le cas où ces derniers refusent ou dansent mal, ils peuvent recevoir des coups de la part des lions, mais sans grand mal. Les attaques des hommes lions reprennent et alternent avec les danses des spectateurs.


À la fin du Simb, le public raccompagne les lions sous le son des tam-tam.

Une expérience inoubliable à vivre !